EXTRAIT DU TOUR DE FRANCE 2020 IMAGINÉ CHAPITRE 20

Publié le par Cédric & Patrick BERNARD

EXTRAIT DU TOUR DE FRANCE 2020 IMAGINÉ CHAPITRE 20

Ils sont 40 millions de Français devant un poste de télévision quand, à 15h15, Julian Alaphilippe en jaune s’apprête à se propulser de la rampe de lancement installée sur le Pont du Galetas. À cette heure-ci, il est un Dieu en devenir. Projetée au Monde, sa fusion dans l’image panoramique de l’embouchure du Grand Canyon du Verdon dans le Lac de Ste Croix semble relever du conte de fées.

Une minute avant lui est parti Tom Dumoulin, précédé, dans l’ordre inverse des départs, de Chris Froome, Thibaut Pinot, Egan Bernal, Tadej Pogacar et Richard Carapaz. Cinquante-quatre coureurs sont arrivés à Fayence. Cent-vingt-six sont sur le parcours. Alaphilippe sera le dernier sur la route.

Il sait que la France toute entière est derrière lui, que les crises sanitaire et maintenant économique appellent un immense besoin de champions à admirer. Mais ses qualités d’homme simple le préservent des effets délétères de la formidable pression. Sa devise est limpide : « je vais faire de mon mieux. Si je gagne, très bien, si je ne gagne pas, la terre ne s’arrêtera pas de tourner. Et si c’est Thibaut qui gagne, ce sera cool ». Serein, il pense à son ami attaquant maintenant la longue côte de  Vaumale, et, regardant le beau maillot doré qui l’habille, se satisfait de l’avoir ainsi soustrait à la pression.

Le compte-à-rebours à zéro, il décolle. À la télé, on passe l’hymne à l’amour chantée par Édith Piaf.

La France hurle : « vas-y Loulou ».

 

***

 

Les 35-40 ans se souviennent de la Virenquemania. Adolescents, ils composaient les foules hystériques autour des courses-exhibitions qui rythmaient encore les festivités aoûtiennes en 1997, appelées critériums. Les filles tombaient en pâmoison sous le charme spontané du minot de la Méditerranée qui avait fait trembler le Kaiser Jan Ullrich sur les routes du Tour : « Richaaard ». Leur idole allait gagner l’édition 1998, ça sonnait comme une évidence : l’envolée au Ciel était le destin de Cœur de lion. Quand juillet de cette année-là arriva, Virenque était prêt comme jamais. Il courait pour l’équipe Festina. Comme les formations adverses, la Festina avait tout optimisé. Absolument tout. Elle fut prise la main dans le sac du dopage. Le scandale fut une déflagration. Richard n’était plus Cœur de lion. Certes, il regagna de belles courses, mais il ne monta plus sur un podium de Grand Tour. Il resta et reste encore très populaire.

Les 50-60 ans leur rappellent ce qu’était Bernard Hinault : le dernier des phénomènes. ...

Publié dans Extrait

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